FRACTURE I Romain Bagouet

Vernissage - Le 24 septembre 2026
Galerie Pauline Renard

Nous avons le plaisir de vous annoncer la première exposition de Romain Bagouet à la galerie intitulée « Fracture ».

Nous vous donnons rendez-vous le jeudi 24 septembre pour le vernissage de son exposition personnelle.

Texte critique par Margaux Plessy :

Toutes empreintes d’une douceur étrange, presque mélancoliques, les dix peintures de Romain Bagouet présentées dans l’exposition Fractures mettent en scène un personnage, toujours le même, écrasé par l’immensité des édifices qui l’entourent. Jamais les architectures composées par Romain n’avaient paru aussi complètes et monumentales : les fragments isolés se font plus rares, les écarts d’échelle entre la figure humaine et les bâtiments s’accentuent, tandis que la construction même des édifices fait l’objet d’une recherche toujours plus poussée.

Pourtant, si sa peinture semble, au premier regard, résolument figurative, revenir aux origines de ses compositions permet d’en saisir toute la complexité et ce qu’elle cache.

C’est à l’âge de onze ans, lorsqu’il entre au collège, qu’il découvre les grands ensembles urbains. Qu’ils relèvent d’expérimentations brutalistes ou néoclassiques, ou qu’il s’agisse de barres d’immeubles plus ordinaires, ces architectures provoquent chez l’enfant un véritable bouleversement esthétique. Intrigué par ces géants de béton, il commence à transformer mentalement ce qu’il voit pour le rendre abstrait. À cette époque, il ne peint pas encore, mais son regard compose déjà : dans son champ de vision, il superpose et aligne les bâtiments et le ciel, s’éloignant de la réalité physique et abrupte des lieux pour y faire apparaître un peu de poésie, un peu de douceur. Il ne voit alors plus seulement des habitations austères, mais des agencements de formes, de lignes, de teintes, de textures et de lumières.

Bien plus tard, au cours de sa deuxième année aux Beaux-Arts de Bourges, il déploie spontanément sur la toile cette douceur fantasmée et cette perception singulière. Lorsqu’il peint, Romain procède par zones : chacune d’elles se construit comme un assemblage de plusieurs espaces abstraits qui, réunis, composent un ensemble figuratif. On comprend dès lors que Mondrian compte parmi ses principales références picturales.

Ce contexte permet également de saisir l’importance de la figure humaine dans son travail : sans elle, l’abstraction deviendrait totale. Or, c’est précisément cet entre-deux qui intéresse l’artiste, cette « ligne tacite qu’il peut y avoir entre abstraction et figuration quand on déploie un univers figuratif ».

Peut-être est-ce là que réside tout le mystère de ses peintures. Cette douceur étrange naît sans doute de la tension entre abstraction et figuration, de cette ligne fragile qui les sépare autant qu’elle les relie, de cette fracture, finalement.

VUES D’EXPOSITION

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